Le premier label de certification de l’origine locale

Le premier label de certification de l’origine locale

Il y a quelques mois, nous vous parlions de la mise en place d’une définition de l’origine locale (voir l’article : La 1ère définition de l’origine locale !). Ce fut l’occasion de découvrir l’invention d’une méthode de calcul de la distance parcourue par les produits alimentaires : l’indice DAM® (Distance Alimentaire Moyenne), inventée par l’ingénieur agronome Damien Roux, spécialisé dans les systèmes alimentaires territorialisés.

Un label totalement inédit

Suite à ces initiatives, seulement quelques mois plus tard, un label officiel de certification de l’origine locale a vu le jour : il s’agit du label « Origine Locale Certifiée » . Ce label permet de certifier que l’origine a été étudiée de manière rigoureuse selon la méthode DAM®. « La légitimité de ce label vient du fait qu’il s’agit de la première analyse selon un protocole scientifique de l’origine alimentaire » , précise Damien Roux, l’inventeur de cette démarche de certification. « Chaque produit brut ainsi que chaque ingrédient des produits transformés est contrôlé » tient à ajouter l’agronome.

Un certification participative et collaborative

L’autre véritable innovation de ce label, outre le fond du sujet qu’il traite (le local), c’est bel et bien la forme ! En effet, la plupart des certifications les plus connues et les plus répandues sont l’application d’un procéssus traditionnel hierarchique et centralisateur, avec un organisme certificateur qui concentre les pouvoirs et le savoir-faire. C’est le cas par exemple de la certification de l’agriculture biologique, avec un nombre limité d’organismes certificateurs habilités à délivrer le label « Agriculture Biologique », après avoir opéré une visite d’inspection chez les producteurs.  Ces démarches sont certes rigoureuses et permettent de gagner en niveaux de garantie, mais elles sont en général très coûteuses financièrement. A l’inverse, la démarche de certification de l’origine locale selon le label « Origine Locale Certifiée » se veut participative et collaborative. « Chaque organisme demandeur du label est enregistré et approuvé individuellement par un bénévole de l’association » nous explique Damien Roux. Et d’ajouter : »Pour chaque produit, il est indispensable de mesurer son origine grâce à l’indice DAM, de s’assurer qu’il est inférieur à 150 km, et de fournir tous les éléments nécessaires au contrôle de ces données« . Les organismes demandeurs sont donc responsables des informations qu’ils fournissent auprès de l’association. Cette dernière tient le rôle de « régulateur », en centralisant et enregistrant toutes les données relatives à la traçabilité des produits certifiés. « La liste des produits certifiés est rendue publique. Ainsi, tous les citoyens, consommateurs, professionnels, etc. peuvent vérifier les produits qu’une entreprise proposerait comme locaux. S’ils ont un doute, ils peuvent faire remonter leurs observations à l’association régulatrice » précise le fondateur. Cette méthode de co-contrôle permettrait d’éviter toute tentative de corruption, dans une démarche où l’implication des acteurs est trop vaste pour pouvoir concentrer les pouvoirs dans seulement quelques mains. « L’INAO [ndlr: Institut National des Appellations d’Origine], qui est l’organisme national de contrôle de l’origine et de la qualité, a même été intéressé par cette démarche. Dès la création du label en 2016, je leur ai donc ouvert l’accès aux données enregistrées par l’association, afin de leur permettre un contrôle en toute transparence » explique Damien Roux. Irait-on vers un contrôle par les services de l’INAO ? La suite de l’histoire de ce label nous le dira…

Ceux qui font l’effort de bien travailler ne devraient pas avoir à payer de label pour le prouver

Le procéssus de certicifation passe également par la mise en place d’une « caution morale », c’est-à-dire du versement d’une somme d’argent à l’association régulatrice, qui sera conservée durant toute la durée de validité du certificat. Ceci permet d’engager financièrement les demandeurs, mais sans réel coût puisque la somme d’argent leur est restituée à la fin de la période de validité du certificat, à condition qu’il n’y ait pas eu de tromperie sur l’origine. Dans le cas contraire, la somme n’est pas restituée à l’organisme. Cette méthode permet de ne pas faire payer « ceux qui font vivre le local » explique Damien Roux, mais « ne fait payer que ceux qui trichent » . Il s’agit donc d’une démarche par le haut, et non pas par le bas. « Ceux qui font l’effort de bien travailler ne devraient pas avoir à payer de label pour le prouver » s’indigne le créateur du label. Grâce à cette nouvelle démarche de co-certification, le coût financier de la certification est partagé par l’ensemble des acteurs, ce qui permet de rendre ce label « Origine Locale Certifiée » totalement gratuit pour le demandeur.

11 juin 2019 / par / in ,

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